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Parce qu'il aimait la nature, Fabien Péchery
aurait voulu être garde-forestier. Une formation à
laquelle il renonça faute "d’être fait pour
les études ".
À l'adolescence, il se découvrit une autre passion
: la cuisine. Ses grands-mères lui avaient révélé
les saveurs des produits de la ferme et du potager.
L’environnement était propice à l’épanouissement
du futur chef.
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Il n’avait que 13 ans, en 1988, lorsque ses parents
se lancèrent dans la restauration en ouvrant Le Pot
d’Étain à l’Isle-sur-Serein, dans
l’Yonne.
Mamie Gisèle était de l’aventure familiale
et le jeune Fabien ne perdait pas une occasion de « rendre
visite » dans les cuisines. Aussi, son avenir allait-il
rapidement se dessiner.
L’école hôtelière, des stages
chez Michel Vignaud à Chablis et, surtout, une saison
chez Bernard Loiseau, le voisin de Saulieu, traçait
sa route. Fabien était mûr pour rejoindre les
fourneaux du Pot d’Etain où Didier Robert allait
lui mettre le pied à l’étrier. «
Chez Bernard Loiseau j’ai appris la rigueur dans tous
les domaines, la perfection dans la simplicité, mais
c’est Didier Robert qui m’a véritablement
formé à ce métier. On ressentait les
choses de la même façon et on se comprenait sans
se parler pendant tout un service, confesse aujourd’hui
Fabien Péchery.
Depuis un an Didier Robert a quitté Le Pot d’Étain
pour ouvrir son propre restaurant. L’occasion pour Fabien
Péchery d’occuper le devant de la scène,
et, à 28 ans, d’exprimer son talent. Encore que
le devant de la scène, le jeune chef n’aime pas
trop, timidité oblige. Reste que dans les cuisines,
il sait faire parler son goût et mettre de l’expression
dans les assiettes. « Car l’assiette, c’est
le premier contact avec le client » dit-il. Il
faut donner de l’envie et du plaisir à l’œil
avant de conquérir le nez et la bouche ». Qualité
des produits, justesse dans la cuisson, précision dans
les associations de saveurs, c’est la ligne de conduite
de ce jeune chef. Son gâteau de pommes de terre à
l’andouillette de chablis, son pigeon en deux cuissons
à l’embeurré de charlottes truffées
ou son filer de bar sauvage rôti sur peau, émulsion
d’épinards au beurre et fond croustillant son
la démonstration gustative de cette philosophie culinaire.
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Pour autant, Fabien Péchery reste très attaché
à la nature. Il n’est pas rare, après
le service, de la voir parcourir les forêts environnantes
avec son labrador et un panier sous le bras.
Pour décompresser, certes, mais aussi pour cueillir
quelques champignons, des mûres ou des herbes sauvages,
ail sauvage, civette…) qui viendront agrémenter
sa cuisine.
Si la nature reste sa source d’inspiration, il avoue
aussi une petite préférence pour les poissons.
« C’est plus délicat à travailler
que les viandes. On va plus étonner un client avec
un poisson bien préparé », ajoute-t-il.
Rascasse, bar, daurade, langoustines, coquilles Saint-Jacques :
que des produits frais livrés chaque jour de Rungis.
Sans oublier le saumon fumé à la maison. Avec
Damien, son second, Fabien Péchery réfléchit
à des idées nouvelles pour la carte tout en
restant dans le domaine de la simplicité. « On
aimerait d’ailleurs avoir un peu plus de temps pour
cette réflexion ». Une façon indirecte
de demander du rendort en cuisine. Message reçu, les
parents Péchery vont recruter. Le jeu en vaut bien
la chandelle….
Gérard Delorme
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